Commencement

Salut à tous! Voilà j'ai décidé d'ouvrir un nouveau blog pour commencer une nouvelle fiction. Elle s'intitule Moi, Fred, une vie de galères. Voici le résumé:

Je m'appelle Fred, je suis orpheline depuis que j'ai trois ans. Mes parents sont morts de ma faute, et ma tante chez qui je vis me le fait toujours remarquer. Depuis que je suis toute petite ma vie est une galère, pourtant, je vais apprendre à apprivoiser cette vie, à m'y faire, grâce à des personnes que je vais rencontrer sur le chemin de ma vie, alors que d'autres vont me rabaisser. Mais après tout, c'est ça la vie, avancer, reculer, se débrouiller, apprendre à aimer, à pardonner, vivre simplement.

Bon ben j'espère que cette fic vous plaira. Je vous souhaite à tous une bonne lecture!

Je vous file le lien de mon premier blog de fic: my-fictions

# Posté le mardi 13 mai 2008 10:36

Prologue

Prologue :

C'est de ma faute si je suis orpheline. Comme me le dit presque tous les jours ma tante Auriana, la s½ur de ma mère, je ne peux m'en prendre qu'à moi. C'est de ma faute. On était en voiture, j'avais trois ans. Le souvenir ne s'est jamais effacé. On rentrait de chez Auriana et Georges. Je m'étais levée de mon siège pour faire des signes aux gens derrière.

« - Frédérique assied-toi ! Je vois rien ! avait crié mon père.
- Allez Frédérique. Dépêche-toi de te rasseoir. Obéis tout de suite. »

Mais moi j'étais une gamine. J'étais toute contente alors je faisais semblant de ne pas entendre. Mon père s'était retourné pour me faire asseoir. Il a perdu le contrôle du véhicule, qui a fini en face, contre la falaise, dans le dernier virage avant notre maison. Je suis tombée mais j'ai eu de la chance : je suis tombée sur le sol, contre le siège de ma mère et le siège arrière. Au bout d'un moment, je suis sortie de la voiture, ma porte était ouverte. Je saignais à la tête, aux bras et aux jambes. Après, c'est confus, je me rappelle pas grand-chose, j'étais à moitié dans les vapes. Je me rappelle juste du rouge, du sang, puis je me suis évanouie.

Je me suis réveillée cinq jours plus tard à l'hôpital de Marseilles. Ma tante Auriana et mon oncle Georges étaient là. Auriana était assise sur une chaise, la main de Georges sur son épaule. Moi je ne disais rien, je ne comprenais pas pourquoi elle pleurait en me tenant la main.

« - On va s'occuper de toi maintenant Frédérique. Tes parents ... fffou ... tes parents sont partis ma chérie. » avait-elle dit.

Tout d'un coup, je me suis rappelé l'accident. C'était de ma faute.

« - Mon papa ... ma maman ... c'est ma faute ! J'ai été sotte. J'ai pas obéi. Papa ... il a crié pis ... boum ! C'est ma faute ! Mon papa, ma maman ! C'est ma faute ! » pleurai-je.

Auriana s'était levée. Elle était bouleversée. Floriane, ma mère était la seule qui lui restait, leurs parents étaient morts il y a une dizaine d'années. Elles s'étaient toujours protégées mutuellement. Quelque chose s'était brisée en elle quand j'avais dit que c'était moi qui avait provoqué l'accident. J'aurais dû me taire, jamais elle n'aurait su, et tout ce serait bien passé dans la suite.

J'ai été placée chez ma tante et mon oncle puisqu'ils étaient ma seule famille. En me ramenant du foyer où j'avais été placée en attendant, ma tante était restée froide. Depuis ce jour, elle n'a pas changé. Elle m'en veut. Je la comprends. Sans le vouloir, j'ai quand même tué sa s½ur et son beau-frère. Je crois même qu'elle m'a détestée. Ça s'est empiré avec le temps, et avec l'alcool.

Elle n'a pas réussi à s'en remettre, elle a commencé à boire. Puis deux ans après, Georges l'a quittée. Il ne pouvait plus supporter cette vie. Il avait tout fait pour l'aider. Il est parti loin, je ne sais pas ce qu'il est devenu. Il était gentil avec moi, il m'a manqué souvent. Auriana a eu plusieurs aventures ensuite. Elles n'ont jamais duré, sauf celle avec Marc. Marc Guerrand. Il a 45 ans et est accro à la drogue. Ils se sont bien trouvés. Ça fait deux ans qu'ils sont ensemble. Lui aussi, il me déteste. Il dit que je prend trop de place. Que je leur pourri la vie. Et jamais ma tante dément. Parfois, elle s'y met avec lui.

J'ai appris à rien dire, à encaisser. À la maison, ma tante et Marc, à l'école, depuis la maternelle. C'est fou comme les enfants sont méchants entre eux. J'ai jamais eu de vrais amis. Je crois que je faisais peur. J'ai aussi appris à me faire toute petite. À la maison, pour éviter de me faire cogner, et à l'école pour pas avoir d'ennuis avec les services sociaux.

J'ai jamais pu travailler correctement à l'école. Il faut dire que personne ne m'a jamais encouragée. Jusqu'au collège, c'est à peu près allé, j'avais juste la moyenne. J'ai pu passer en seconde dans un lycée pro. Je voulais être fleuriste car j'aimais bien les fleurs. Mais j'ai redoublé ma seconde. Moi, je m'en foutais un peu. J'avais d'autres projets.

Pendant ma deuxième seconde, j'avais 15 ans, j'ai rencontré Mickaël. Il était en Terminale STG. On est tombé amoureux. Il m'a toujours soutenue. À la fin de ses études, quand j'aurais 18 ans et mon bac, il voulait qu'on parte vivre en Italie. Au moins, j'aurais plus ma tante sur le dos, et lui ses parents. Il me disait toujours :

« - Tu verras, là-bas on sera bien. On aura un petit appart' dont le balcon donnera sur une petite place. Il y aura une petite fontaine et une épicerie pour faire les courses. Quelques rues plus loin, tu travailleras chez un fleuriste, et moi, je ferai de la compta dans une boutique. Quand on aura gagné assez d'argent, tu monteras ton propre magasin et je serai le comptable.
- Ça me plait ça. Par contre, tu penses pas que l'Espagne se serait mieux ?
- Pourquoi ?
- À cause des grèves de poubelles. lui dis-je en riant.
- T'es con toi ! »

Il m'avait attrapée et me chatouillait en m'embrassant. Pour la première fois de ma vie, je comptais pour quelqu'un. Un quelqu'un qui voulait construire quelque chose avec moi. Un avenir avec moi. Bien sûr, je n'étais pas une petite fille naïve. La mort de mes parents, le comportement de ma tante, de mon oncle, les moqueries, l'indifférence ... Tout ça m'avait rendue assez réaliste, pessimiste. Je savais que notre rêve, à Mickaël et moi ne se réaliserait jamais complètement, mais c'était bon de rêver parfois. Ça m'aidait à vivre.



Alors? Vous en dites quoi pour un premier chapitre? Dites-moi tout!

Prologue

# Posté le mardi 13 mai 2008 11:17

Modifié le samedi 17 mai 2008 04:08

Moi, Fred, une vie de galères: Chapitre 1

Salut à tous! D'abord merci pour tous les coms pour le prologue, ça m'a fait super plaisir! Comme promis, je met le premier chapitre pour le weekend.
J'avais oublié de vous préciser quand l'histoire se passe. Ben en fait, y a pas vraiment de date, c'est entre 1995 et 2005 environ. Après à vous de voir comme ça vous plait. Bonne lecture et gros bisoux.

Chapitre 1: Ma vie bascule du jour au lendemain:

Chez ma tante, septembre

Ça faisait donc plus d'un an qu'on était ensemble Mickaël et moi. On vivait vraiment un amour fort. On se retrouvait dans une petite chambre qu'on avait aménagée dans un hangar désaffecté.
J'avais souvent des problèmes avec ma tante pour sortir. Elle m'empêchait d'avoir une vie. Selon elle, après ce que j'avais fait, je ne méritais pas de m'amuser, d'avoir des amis. En plus, elle détestait Mickaël.

« - Ton mec, c'est un con ! Un gros looser qui ne sait rien faire correctement dans sa vie. Je sais même pas comment t'as fait pour le dénicher. Enfin ... non ... c'est plutôt lui, comment il a fait pour se retrouver avec une paumée comme toi. Allez dégage ! Je veux plus te voir ! » avait-elle dit un soir quand je m'apprêtais pour partir.

Elle m'avait blessée. Mickaël m'attendait en bas. Je me jetai dans ses bras en pleurant. Il pleuvait. Il m'amena sous le porche de l'immeuble.

« - Qu'est-ce qu'il y a mon bébé ? C'est encore ta tante ?
-Ouais ... elle me gave vraiment. Elle est toujours en train de me rabaisser ... jamais un encouragement ... ni un compliment. Le pire, c'est qu'elle te rabaisse aussi ... et je supporte pas ! Elle te connaît pas ! Elle a pas le droit de juger merde !
- Calme-toi Fred. Moi je t'aime, et je m'en tape qu'elle parle de moi par derrière. »

On monta sur sa moto et il nous emmena dans notre petit nid d'amour comme on l'appelait. Il me prit dans ses bras à peine descendus de la moto.

« - J'ai trop envie de toi ma puce.
- Moi aussi. »

Il courut sous la pluie et je riais. Il me déposa sur le lit et alluma des bougies. On se déshabilla et on s'unit l'un à l'autre. Le matin, je me réveillai contre lui. Je le regardai. Il était vraiment beau avec ses cheveux châtain clair qui brillaient. Il se réveilla et on s'embrassa. Ensuite, il me ramena chez ma tante.

« - Ousque t'étais ? T'es pas rentrée cette nuit ! Espèce de salope ! T'étais avec ton idiot de mec ? C'est ça hein ? » cria Auriana dès que j'avais mis un pied dans la pièce.

Je m'excusai et partis dans ma chambre. Elle avait encore bu, valait mieux filer droit.


Octobre

Un mois après, rien n'avait changé pour moi. Marc était revenu à la maison après être monté à Paris où il avait des « relations » qu'il devait voir. Moi, je savais bien que c'était pour se charger en drogue et pour passer un mois complètement libre, avec une fille par soir. Et il savait que je savais.

Avec Mickaël, tout allait pour le mieux. On se voyait un peu plus à la chambre, il faisait bon en ce mois d'octobre. J'espère que ça durera. J'aime pas trop l'hiver. J'avais pris mes marques pour ma seconde année d'apprentissage en fleuriste. Normalement, j'avais un stage de deux semaines prévu au mois de novembre. Il n'y avait qu'un problème. Depuis une semaine, je ne me sentais pas bien. J'avais des maux de tête, des nausées. C'était très pénible.

À la mi-octobre, c'était pire. Le plus terrible, c'est que c'était par crise, ça ne durait pas une journée complète. J'étais en cours quand une violente envie de vomir m'a prise. Je me suis levée, coupant le prof dans son cours.

« - Monsieur, faut que j'aille aux toilettes c'est urgent. Chuis malade.
- Bien. Vas-y. Quelqu'un l'accompagne. »

J'ai couru jusqu'aux toilettes, je me suis enfermée et j'ai vomi tout mon petit-déjeuner.

« - Ça va aller Frédérique ? me demanda l'élève.
- Ouais ... ouais ça va aller. »

Je me suis essuyée et je suis sortie. J'ai bu un peu. Ma tête tournait, je ne me sentais vraiment pas bien.

« - Hey oh ! Frédérique ! Ça va ou quoi ? »

Je m'avançai vers elle, puis sans rien pouvoir faire, je m'étalai de tout mon long par terre. La fille se pencha vers moi.

« - Ça ... ça va aller. lui dis-je revenant à moi.
- Non ... je vais chercher l'infirmière.
- Ok. »

Quelques minutes après, l'infirmière m'amenait à l'infirmerie.

« - Alors, c'est quoi les symptômes mademoiselle ? demanda-t-elle gentiment.
- Euh ... ben ça a d'abord été des maux de tête. Puis après, j'ai eu des nausées. Ça dure ... depuis à peine un mois.
- Ça peut pas être la gastro. Je vais te poser une question assez indiscrète. Est-ce que tu as un petit-ami ?
- Euh ... oui ... mais ...
- Et ... est-ce que vous avez des ... rapports sexuels ?
- Oui ... mais ...
- Protégés ?
- Euh ... oui ... mais ... »

Puis tout d'un coup, j'avais réalisé où elle voulait en venir. J'étais enceinte. Je réfléchissait pour me rappeler sin on avait eu des rapports non-protégés.

« - Oh ... mon Dieu ! Je crois ... je crois qu'on a oublié une fois ... on a pas fait gaffe ... vous ... vous croyez ... que je suis enceinte ? dis-je totalement paniquée.
- Viens. Assied-toi et calme-toi. C'est que les symptômes. Ça ne veut rien dire. Je vais te donner l'adresse d'un gynéco. Tu vas aller le voir. Elle est très bien. Je vais te prendre un rendez-vous. D'accord Frédérique ?
- Oui, mais ... si ... si c'est vrai ? Je vaux dire si je suis enceinte ? Je fais quoi ? J'ai que 16 ans, j'ai des études à finir.
- Calme-toi. Tu y réfléchis. C'est à toi de savoir si tu voudras le garder ou non. »

Elle me sourit. Elle était vraiment gentille. Elle me prit un rendez-vous pour la fin de la semaine.

Pendant cinq jours, j'ai fait que de réfléchir à tout ça. Ça ne me venait même pas à l'esprit d'avorter si j'étais enceinte. Ça m'avait fait peur sur le coup. Mais en cinq jours, la perspective d'avoir un enfant avec Mickaël me plaisait. On s'installerait tous les trois. Ce serait bien.



Moi, Fred, une vie de galères: Chapitre 1

# Posté le samedi 17 mai 2008 04:06

Moi, Fred, une vie de galères: Chapitre 2

Voilà, comme promis, voici le chapitre pour cette semaine! Bonne lecture, et vraiment un grand meci pour tous les coms!

Chapitre 2: Grosse déception :

Chez ma tante, octobre

J'avais décidé de ne rien dire à Mickaël, pour ne pas le décevoir si je n'étais pas enceinte. J'étais sûre qu'il serait heureux d'avoir un enfant. Je m'étais rendue au rendez-vous avec beaucoup d'appréhension. J'étais toute gênée dans la salle d'attente. Plusieurs femmes me regardaient assez étonnées pas mon âge, bien que j'en fasse plutôt 18 que 16. C'était à mon tour.

« - Bonjour Mlle Juliet. Entrez. Alors c'est l'infirmière de votre lycée qui vous envoie ?
- Oui.
- Pourquoi ?
- Ben ... je ... euh ... C'est pas facile à dire.
- Je comprends. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous manger.
- Ben ... c'est possible que ... que ... que je sois enceinte. On a pris rendez-vous pour vérifier. »

Elle me posa des questions sur mon âge, mes rapports ... etc ... Puis ensuite, elle m'examina.

« - Et bien Mademoiselle Juliet, je ne sais pas si pour vous, c'est une bonne ou mauvaise nouvelle, mais je confirme, vous êtes bien enceinte.
- Bon sang ! Comment je vais faire ? dis-je bouleversée.
- Vous savez, si vous décidez de le garder, vous pouvez demander des aides.
- Je ... oui ... je pense que je vais le garder. J'y ai bien réfléchi pendant 5 jours. Je dois bien sûr en parler avec mon copain.
- Personne ne peut vous aider ? De la famille ?
- Je suis orpheline et j'ai été placée chez ma tante.
- Elle ne peut pas vous aider elle ?
- Non, en fait, elle me déteste. Je veux pas d'ennuis. Je me débrouillerai au pire. Pour l'argent, mes parents m'ont laissé un compte à mon nom. Puis dans deux ans, je passe mon examen pour être fleuriste. Et vraiment au pire, j'arrêterai mes études s'il le faut. Mais je veux le garder.
- D'accord. Je vais vous donner un autre rendez-vous pour vérifier si tout va bien. Sinon, si vous avez changé d'avis, je vous donne ma carte. Essayez de parler a votre tante. Peut-être que cet événement va arranger votre relation.
- Merci beaucoup. Euh ... à bientôt.
- Au revoir Mlle Juliet. »

Oh mon Dieu ! Comment allai-je faire ? Il fallait d'abord prévenir Mickaël. Comme il serait content ! On allait faire une famille. Pour moi qui n'en avais presque jamais eu, c'était un grand bonheur de fonder la mienne ! Le bébé devait naître fin mai/ début juin. Comme moi. Je suis née le 21 juin. Le premier jour de l'été, le jour le plus long. J'appelai donc Mickaël.

« - Chéri, faut qu'on se voit. C'est super important.
- C'est pas grave au moins ?
- Non, non t'inquiéte. Tu vas même être content. Tu me rejoins à la chambre après ton taf ?
- Ok. À tout à l'heure. Gros bisous mon bébé. Je t'aime.
- Moi aussi. À plus. »

Je passai dans une boutique pour bébés où j'achetai des petits chaussons jaunes. Puis je partis à la chambre. J'allumai les bougies, je passai un petit coup de balai pour faire tout propre, je refis le lit et je l'attendis assise sur le lit. Il arriva une demi-heure plus tard. Il se jeta sur le lit et m'attrapa en m'embrassant dans le cou.

« - Alors, c'est quoi cette nouvelle ?
- Ah ah ... dis-je mystérieusement.
- Allez ... tu vas pouvoir te casser de chez ta tante ?
- Non.
- Ben je vois pas. Allez dis-moi ! »

Je sortis alors les petits chaussons de bébé. Il les regarda et me regarda sans trop comprendre.

« - Tu ... tu ...
- On va être parents. Je suis enceinte Mickaël. On va avoir un bébé ! C'est génial non ?
- Je ... euh ... non ... ce n'est pas possible. T'en ... t'en es sûre ?
- Ben oui. Sûre. Je suis allée voir la gynéco il y a 5 jours.
- Non. Non Fred. T'as attendu 5 jours pour me le dire ? dit-il en se levant brusquement.
- Tu fais quoi ? Détend-toi. Je voulais juste être sûre. Te vexe pas !
- Je me vexe pas. C'est pas possible Fred. C'est pas possible. Tu peux pas le garder.
- Mais ... attend Mickaël. Quel est le problème ? On va avoir un enfant ensemble, ça te réjouit pas ?
- Non ! Non Fred ! Je veux pas de gosse ! On est trop jeune ! Tu n'es même pas majeure. On va en faire quoi de ce gosse ?
- T'es dégueulasse Mick ! Je croyais que t'allais être content, moi. Et nos rêves, nos projets de vie en Italie ?
- Mais Fred ! C'était des rêves. Des rêves de jeunes ! Tous les gens de notre âge en font ! Tu pensais pas qu'on allait pouvoir se casser comme ça ? T'es trop naïve Fred. dit-il en m'attrapant pas les deux épaules.
- Lâche-moi ! Tu m'as mise enceinte mais t'assumes même pas ! Je comptais sur toi Mick. Je t'aime. T'as pas le droit de m'abandonner. Ni ton enfant !
- Ecoute Fred, tu me gaves là. J'en veux pas, c'est tout. Je m'en vais, ça vaut mieux. Vaut mieux plus qu'on se voit Fred.
- Non ! Tu peux pas me faire ça ! criai-je. Mick, on a besoin de toi. Qu'est-ce que je serai sans toi ? Et le petit sans père ?
- T'as qu'à avorter.
- Ça va pas ! J'ai jamais eu de vraie famille ! Je veux en fonder une avec toi ! Tu peux pas me demander de tuer notre enfant ! C'est dégueulasse !
- Fred, j'en ai marre de tes galères. Je t'aime tu sais. Mais là, ça peut plus continuer. C'est trop. Moi, j'ai toute la vie devant moi. Toi aussi. On ne va pas se l'embarrasser avec un gosse merde ! Réfléchis Fred. Ça va nous attirer que des galères, avec ta tante en plus.
- C'est tout réfléchi Mickaël. Je le garde. Casse-toi maintenant. Je veux plus te voir, comme tu dis, ça vaut mieux. Dire que je voulais construire mon avenir avec un salaud comme toi ! Tire-toi ! Tire-toi je veux plus te voir ! C'est pas la peine de me rappeler.
- Fred, je pensais que tu m'aimais plus que ça.
- Je t'aime Mick. Mais y a des choses qu'on ne peut pas demander. Même par erreur. Et celle-là, s'en est une. Maintenant, c'est fini toi et moi. C'est même pas la peine de te pointer une fois qu'il sera né.
- Putain Fred tu me déçois. Ouais, je me barre. Et t'inquiète, je reviendrai pas. »

Je restai fixe. J'entendis la moto partir. Pour toujours. Il ne reviendrait pas. Je pleurais, sanglotais, gémissait tout en pensant. C'était nul ce qu'il avait fait. J'attendais tellement de lui. En tout cas, je ne m'attendais pas à ça. Pas du tout. Il m'avait déçue. Décidément, je crois que la vie n'était pas faite pour moi. J'avais toujours été déçue par les gens. J'avais tué mes parents. Je n'avais plus personne. Sauf ce bébé que j'avais décidé de garder. Et j'avais perdu le seul être qui comptais énormément pour moi. Au final, c'était lui le con. Je ne le pensais pas comme ça. Je le haïssais maintenant, tout en l'aimant encore. On avait quand même été un an ensemble ! Et on se quittait comme ça. Il n'avait même pas eu le courage d'affronter cette épreuve. En fait, il était lâche, et je ne m'en étais aperçu que maintenant. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire sans lui, avec un bébé en route, une tante alcoolique et un drogué, puis mes études en cours. Je n'avais même pas d'amis pour me confier ou m'aider. Le seul m'avait quittée. Je ne pouvais pas compter sur Auriana, seulement sur moi-même. Mais ça avait toujours été plus ou moins le cas, donc, ce serait moins dur que pour d'autres. Seulement, j'étais quand même bien fichue. Je savais vraiment pas quoi faire.

Je me suis endormie une heure, puis je me suis réveillée à cause des nausées. Il était 19 heures. C'était dur de revenir à la réalité. J'avais du mal à me calmer. J'en voulais toujours à Mickaël, à moi-même et à la vie. Ça mettrait longtemps pour partir complètement, cette haine.

Tout d'un coup, la maison dans laquelle j'habitais quand j'étais petite, avant l'accident me vint à l'esprit. Au début, j'étais trop petite, je n'y suis jamais revenu. Mais le jardinier et sa femme venaient souvent nous voir. Puis ma tante était devenue alcoolique et leurs visites s'étaient espacées. Ils m'aimaient bien et moi de même. Quand j'ai eu 11 ans, je suis retournée les voir plusieurs fois. Jamais la maison n'avait été vendue. Personne ne voulait la racheter après l'accident qui s'était produit à côté. La racheter était un de mes rêves de gamine. J'ai donc décidé de m'y rendre. J'ai aussi décidé de ne plus me rendre à la chambre. Trop douleureux.


Moi, Fred, une vie de galères: Chapitre 2

# Posté le mercredi 21 mai 2008 09:16

Moi, Fred, une vie de galères: Chapitre 3

Voilà enfin la suite apparement tant attendue! ^^ Je me suis fait un peu harcelée de coms pour.^^ Ben j'ai plu qu'à vous dire bonne lecture!

Chapitre 3 : La maison :

Chez ma tante, octobre

Je marchai pendant deux heures. J'étais crevée, j'en pouvais plus. Je restai derrière le portail un moment. Je cherchais comment entrer sans me faire voir. Il n'était que 21 heures, le jardinier et sa femme ne dormaient pas encore. Ils travaillaient dans une villa voisine mais passaient quand même beaucoup de temps à conserver le jardin en bon état. Pour les possibles visiteurs, mais surtout par fidélité pour mes parents.

Finalement, j'escaladai le portail et me cachai sous les arbres. Je portais un sweet noir à capuche, j'étais presque invisible. Je longeai les arbres en me baissant. Je m'arrêtai un moment, le jardin était grand. La fenêtre du salon des jardiniers était allumée. J'avais raison. C'est dingue ça ! Je ne vivais pas ici mais je ne connaissais les vieilles habitudes des résidants. Je connaissais aussi le jardin par c½ur. Dès que j'avais su marcher, je passais des journées dehors sous l'½il vigilant de mes parents.

« - Ma petite Freddie, ça te dirait d'avoir un petit frère ou une petite s½ur ? avait dit Jean-Paul en saisissant sa petite fille de trois ans tout juste.
- Oh oui ! Oh oui ! Ze veux ! Ze veux !
- Et bien tu vas certainement en avoir un, ou une bientôt ma petite puce. Tu vas avoir un petit frère ou une petite s½ur. Tu es contente ? » avait demandé Floriane en souriant.

Ils étaient beaux. Elle grande, les cheveux marrons foncés, comme sa s½ur. Ils retombaient en grosses boucles sur ses épaules. Fred adorait les entourer autour de ses doigts. Jean-Paul était grand aussi, les cheveux châtains clairs et des yeux marrons malicieux dont avait hérité Frédérique.

La petite fille était aux anges. Elle allait pouvoir partager les secrets du jardin avec quelqu'un !

Le souvenir s'estompa.


Je restai sans voix. Je ne m'étais jamais rappelé ce souvenir. C'était terrible. J'avais aussi tué mon petit frère ou ma petite s½ur. Comme je m'en voulais ! J'aurais dû obéir. J'aurais dû. Putain c'était injuste ! Ils ne méritaient pas ça ! Moi non plus ! Je ravalai mes larmes. J'en avais marre de pleurer. Mais les larmes ne m'écoutaient pas et elles coulaient. Je continuai mon chemin.

J'étais arrivée sous la fenêtre de ma chambre à l'étage. Il y avait un noyer qui montait jusqu'à la fenêtre. Je grimpai à l'arbre, c'était facile. Le problème, il y'en avait toujours un, c'était que la fenêtre était fermée.

C'était une fenêtre coulissante. Je sortis une épingle de ma poche et travaillai à ouvrir la fenêtre. J'entendis un clic, c'était bon. Je la poussai, elle faisait du bruit. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été ouverte. Je rentrai à l'intérieur. Les meubles avaient été vendus pour la plupart. L'argent de la vente était parti sur mon compte, dont je ne m'étais jamais servi. Il ne restait rien dans ma chambre. J'avais sommeil. Mes yeux se fermaient tous seuls, mes jambes me faisaient mal. Je me roulai dans un coin et m'endormis tout de suite.

« - Dilshad ! Dilshad !
- Hein ? Que ... quoi ? répondit l'intéressé se réveillant.
- Tu n'as pas entendu ? Il y a eu un bruit dehors.
- Tu es sûre Messaouda ?
- Certaine homme !
- Bon ... je vais voir. »

Le jardinier se leva, enfila un pardessus et prit une lampe de poche. Il fit le tour du jardin. Personne. Peut-être que Messaouda avait rêvé. Non ! Sa femme avait l'oreille. Il l'appelait le chien de garde parfois, ça la faisait rire.

Tout d'un coup, il aperçut que l'une des fenêtres de l'étage était ouverte. Il éclaira. C'était l'ancienne chambre de Frédérique Juliet, la fille de ses anciens employeurs qu'il aimait beaucoup.

Il entra dans la maison par la porte d'entrée doucement, avec un bâton. Il monta à l'étage et pénétra dans la chambre sans faire de bruit. Il n'y avait personne. Enfin ... si. Il vit Frédérique roulée en boule dans un coin en train de dormir. Il s'approcha et la réveilla.

« - Frédérique, Frédérique. Mademoiselle Juliet.
- Hein ? Que ... quoi ? dis-je en me réveillant en sursaut.
- C'est moi ... Dilshad ... le jardinier.
- Ah ... oui.
- Tu ne peux pas rester ici. Viens en bas.
- Mais ... c'est chez moi. répondis-je pas encore réveillée.
- ... Frédérique, soit raisonnable. La maison est mise en vente. Elle n'appartient à personne. Allez, lève-toi je t'emmène chez moi.
- Dilshad ?
- Oui ma bambine. (C'était comme ça qu'il l'appelait quand elle était petite).
- Je suis enceinte.
- Hein ! Quoi ?!
- J'attends un bébé.
- Non ! Tu me fais une blague.
- Non.
- Toi ma bambine ? Bientôt maman ? C'est pas croyable ! Mais ... attend ... tu n'as que ... 16 ans. Tu es trop jeune Frédérique ! Bien trop jeune ! Tu as le temps de faire des enfants.
- Je compte le garder. »

Dilshad ne m'avait rien répondu. On descendit jusqu'à chez lui. Sa femme Messaouda nous attendait. Enfin, l'attendait.

« - Frédérique ! C'est toi !
- Oui Messaouda.
- Comment vas-tu ma puce ?
- Ça ...
- Elle est enceinte. me coupa Dilshad.
- Quoi ? C'est vrai ?
- Oui.
- Mais ... mais ... c'est merveilleux ! Félicitations ! Mais ... tu es si jeune.
- Je sais. C'est un accident. Mais je compte le garder.
- Comment tu vas faire avec ta tante ?
- Je me débrouillerais, vous inquiétez pas.
- Frédérique, tu as toute la vie devant toi, tu es jeune, tu as des études à finir. Ce serait trop bête. dit Messaouda.
- Je sais. Mais moi, j'ai jamais eu de famille. Je pourrais pas abandonner mon enfant. Vous ... comprenez ? dis-je en ravalant mes larmes.
- Oui bien sûr ma chérie. » répondit Messaouda.

On parla encore un peu puis Dilshad me ramena chez Auriana avec sa voiture. J'aurais tellement eu besoin de leur soutien. En même temps, je les comprenais, ça devait les choquer cette grossesse. C'est vrai que pour moi aussi. Jamais je ne m'étais imaginée enceinte à 16 ans. Mais c'était fait, je comptais bien offrir à mon enfant la vie que je n'avais pas eue.




Moi, Fred, une vie de galères: Chapitre 3

# Posté le mercredi 28 mai 2008 07:42