Voilà, comme promis, voici le chapitre pour cette semaine! Bonne lecture, et vraiment un grand meci pour tous les coms!
Chapitre 2: Grosse déception :
Chez ma tante, octobre
J'avais décidé de ne rien dire à Mickaël, pour ne pas le décevoir si je n'étais pas enceinte. J'étais sûre qu'il serait heureux d'avoir un enfant. Je m'étais rendue au rendez-vous avec beaucoup d'appréhension. J'étais toute gênée dans la salle d'attente. Plusieurs femmes me regardaient assez étonnées pas mon âge, bien que j'en fasse plutôt 18 que 16. C'était à mon tour.
« - Bonjour Mlle Juliet. Entrez. Alors c'est l'infirmière de votre lycée qui vous envoie ?
- Oui.
- Pourquoi ?
- Ben ... je ... euh ... C'est pas facile à dire.
- Je comprends. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous manger.
- Ben ... c'est possible que ... que ... que je sois enceinte. On a pris rendez-vous pour vérifier. »
Elle me posa des questions sur mon âge, mes rapports ... etc ... Puis ensuite, elle m'examina.
« - Et bien Mademoiselle Juliet, je ne sais pas si pour vous, c'est une bonne ou mauvaise nouvelle, mais je confirme, vous êtes bien enceinte.
- Bon sang ! Comment je vais faire ? dis-je bouleversée.
- Vous savez, si vous décidez de le garder, vous pouvez demander des aides.
- Je ... oui ... je pense que je vais le garder. J'y ai bien réfléchi pendant 5 jours. Je dois bien sûr en parler avec mon copain.
- Personne ne peut vous aider ? De la famille ?
- Je suis orpheline et j'ai été placée chez ma tante.
- Elle ne peut pas vous aider elle ?
- Non, en fait, elle me déteste. Je veux pas d'ennuis. Je me débrouillerai au pire. Pour l'argent, mes parents m'ont laissé un compte à mon nom. Puis dans deux ans, je passe mon examen pour être fleuriste. Et vraiment au pire, j'arrêterai mes études s'il le faut. Mais je veux le garder.
- D'accord. Je vais vous donner un autre rendez-vous pour vérifier si tout va bien. Sinon, si vous avez changé d'avis, je vous donne ma carte. Essayez de parler a votre tante. Peut-être que cet événement va arranger votre relation.
- Merci beaucoup. Euh ... à bientôt.
- Au revoir Mlle Juliet. »
Oh mon Dieu ! Comment allai-je faire ? Il fallait d'abord prévenir Mickaël. Comme il serait content ! On allait faire une famille. Pour moi qui n'en avais presque jamais eu, c'était un grand bonheur de fonder la mienne ! Le bébé devait naître fin mai/ début juin. Comme moi. Je suis née le 21 juin. Le premier jour de l'été, le jour le plus long. J'appelai donc Mickaël.
« - Chéri, faut qu'on se voit. C'est super important.
- C'est pas grave au moins ?
- Non, non t'inquiéte. Tu vas même être content. Tu me rejoins à la chambre après ton taf ?
- Ok. À tout à l'heure. Gros bisous mon bébé. Je t'aime.
- Moi aussi. À plus. »
Je passai dans une boutique pour bébés où j'achetai des petits chaussons jaunes. Puis je partis à la chambre. J'allumai les bougies, je passai un petit coup de balai pour faire tout propre, je refis le lit et je l'attendis assise sur le lit. Il arriva une demi-heure plus tard. Il se jeta sur le lit et m'attrapa en m'embrassant dans le cou.
« - Alors, c'est quoi cette nouvelle ?
- Ah ah ... dis-je mystérieusement.
- Allez ... tu vas pouvoir te casser de chez ta tante ?
- Non.
- Ben je vois pas. Allez dis-moi ! »
Je sortis alors les petits chaussons de bébé. Il les regarda et me regarda sans trop comprendre.
« - Tu ... tu ...
- On va être parents. Je suis enceinte Mickaël. On va avoir un bébé ! C'est génial non ?
- Je ... euh ... non ... ce n'est pas possible. T'en ... t'en es sûre ?
- Ben oui. Sûre. Je suis allée voir la gynéco il y a 5 jours.
- Non. Non Fred. T'as attendu 5 jours pour me le dire ? dit-il en se levant brusquement.
- Tu fais quoi ? Détend-toi. Je voulais juste être sûre. Te vexe pas !
- Je me vexe pas. C'est pas possible Fred. C'est pas possible. Tu peux pas le garder.
- Mais ... attend Mickaël. Quel est le problème ? On va avoir un enfant ensemble, ça te réjouit pas ?
- Non ! Non Fred ! Je veux pas de gosse ! On est trop jeune ! Tu n'es même pas majeure. On va en faire quoi de ce gosse ?
- T'es dégueulasse Mick ! Je croyais que t'allais être content, moi. Et nos rêves, nos projets de vie en Italie ?
- Mais Fred ! C'était des rêves. Des rêves de jeunes ! Tous les gens de notre âge en font ! Tu pensais pas qu'on allait pouvoir se casser comme ça ? T'es trop naïve Fred. dit-il en m'attrapant pas les deux épaules.
- Lâche-moi ! Tu m'as mise enceinte mais t'assumes même pas ! Je comptais sur toi Mick. Je t'aime. T'as pas le droit de m'abandonner. Ni ton enfant !
- Ecoute Fred, tu me gaves là. J'en veux pas, c'est tout. Je m'en vais, ça vaut mieux. Vaut mieux plus qu'on se voit Fred.
- Non ! Tu peux pas me faire ça ! criai-je. Mick, on a besoin de toi. Qu'est-ce que je serai sans toi ? Et le petit sans père ?
- T'as qu'à avorter.
- Ça va pas ! J'ai jamais eu de vraie famille ! Je veux en fonder une avec toi ! Tu peux pas me demander de tuer notre enfant ! C'est dégueulasse !
- Fred, j'en ai marre de tes galères. Je t'aime tu sais. Mais là, ça peut plus continuer. C'est trop. Moi, j'ai toute la vie devant moi. Toi aussi. On ne va pas se l'embarrasser avec un gosse merde ! Réfléchis Fred. Ça va nous attirer que des galères, avec ta tante en plus.
- C'est tout réfléchi Mickaël. Je le garde. Casse-toi maintenant. Je veux plus te voir, comme tu dis, ça vaut mieux. Dire que je voulais construire mon avenir avec un salaud comme toi ! Tire-toi ! Tire-toi je veux plus te voir ! C'est pas la peine de me rappeler.
- Fred, je pensais que tu m'aimais plus que ça.
- Je t'aime Mick. Mais y a des choses qu'on ne peut pas demander. Même par erreur. Et celle-là, s'en est une. Maintenant, c'est fini toi et moi. C'est même pas la peine de te pointer une fois qu'il sera né.
- Putain Fred tu me déçois. Ouais, je me barre. Et t'inquiète, je reviendrai pas. »
Je restai fixe. J'entendis la moto partir. Pour toujours. Il ne reviendrait pas. Je pleurais, sanglotais, gémissait tout en pensant. C'était nul ce qu'il avait fait. J'attendais tellement de lui. En tout cas, je ne m'attendais pas à ça. Pas du tout. Il m'avait déçue. Décidément, je crois que la vie n'était pas faite pour moi. J'avais toujours été déçue par les gens. J'avais tué mes parents. Je n'avais plus personne. Sauf ce bébé que j'avais décidé de garder. Et j'avais perdu le seul être qui comptais énormément pour moi. Au final, c'était lui le con. Je ne le pensais pas comme ça. Je le haïssais maintenant, tout en l'aimant encore. On avait quand même été un an ensemble ! Et on se quittait comme ça. Il n'avait même pas eu le courage d'affronter cette épreuve. En fait, il était lâche, et je ne m'en étais aperçu que maintenant. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire sans lui, avec un bébé en route, une tante alcoolique et un drogué, puis mes études en cours. Je n'avais même pas d'amis pour me confier ou m'aider. Le seul m'avait quittée. Je ne pouvais pas compter sur Auriana, seulement sur moi-même. Mais ça avait toujours été plus ou moins le cas, donc, ce serait moins dur que pour d'autres. Seulement, j'étais quand même bien fichue. Je savais vraiment pas quoi faire.
Je me suis endormie une heure, puis je me suis réveillée à cause des nausées. Il était 19 heures. C'était dur de revenir à la réalité. J'avais du mal à me calmer. J'en voulais toujours à Mickaël, à moi-même et à la vie. Ça mettrait longtemps pour partir complètement, cette haine.
Tout d'un coup, la maison dans laquelle j'habitais quand j'étais petite, avant l'accident me vint à l'esprit. Au début, j'étais trop petite, je n'y suis jamais revenu. Mais le jardinier et sa femme venaient souvent nous voir. Puis ma tante était devenue alcoolique et leurs visites s'étaient espacées. Ils m'aimaient bien et moi de même. Quand j'ai eu 11 ans, je suis retournée les voir plusieurs fois. Jamais la maison n'avait été vendue. Personne ne voulait la racheter après l'accident qui s'était produit à côté. La racheter était un de mes rêves de gamine. J'ai donc décidé de m'y rendre. J'ai aussi décidé de ne plus me rendre à la chambre. Trop douleureux.